À votre avis, sur quoi peut porter des débats contradictoires en famille pour des français immigrés à Montréal ? Sur les évolutions très intéressantes de la langue ? Sur la douceur de vivre ici ? Sur la qualité de l'enseignement et de l'université ? Sur le manque de bon chocolat noir, de bon café et de vin à prix raisonnable ? Sur l'intérêt d'une expérience familiale de vivre à l'étranger ? Sur le manque ressenti de la famille et des amis mais qui se compense un peu par l'envie de vivre tout à fond ? Non, pour tout cela nous sommes d'accord, avec des nuances pour chacun d'entre nous, mais globalement d'accord.
Non, la controverse a éclaté sur le temps ... Pas le temps qui passe, nous sommes d'accord aussi que cela passe trop vite ... sur le temps de la météo.
La pluie a été abondante, le froid est arrivé là-dessus, les trottoirs se sont gelés, se transformant en vraie patinoire, la neige est tombée camouflant les énormes plaques de verglas, de glace plutôt. Et là, le sol devient incertain. On a appris à marcher à un an ou à 18 mois pour les plus fainéantes et là, il faut réapprendre. Alors on fait des petits pas, le pied bien à plat. Ne pas attaquer le sol avec le talon. Garder les genous un peu fléchis. Regarder où on marche. Bref, des petits vieux qui se déplacent. Sauf que les petits vieux, les vrais, ils ne se déplacent même plus eux. C'est épouvantable !!! Ajouter à cela, l'épreuve de revenir avec Félix de l'école, en pleine tempête de neige, ou plutôt de petits glaçons qui piquent le visage et qui fondent en tombant dans le cou. Les yeux qui pleurent à cause du vent. Il y a des expériences plus intéressantes que celle là, ou alors une fois mais pas tellement plus. On ne voit pas où on marche ... et la catastrophe est proche. Il est vrai que j'exagère un peu, cela me vient de mon tempérament méditerranéen. Mais quand même, Fany, Elsa et moi sommes déjà tombées et ça fait ben ben mal ...
Et bien sous notre toit, tout le monde n'a pas la même analyse !!!! Incroyable. Eric est resté dehors pour profiter de la tempête ... Il a même avoué avoir volontairement déneigé le garage du voisin pour pouvoir rester plus longtemps. Fany me dit qu'elle a l'impression d'être un trappeur. Que la tempête c'est génial parce qu'on y voit rien, que c'est difficile de marcher ... Que cela glisse sous les pieds. Que la neige qui pique les joues etc, etc... Ils sont bizarres ces deux là.
J'ai quand même des alliés : Félix et Elsa sont de mon côté et trouvent la tempête bien plus intéressante quand on l'observe depuis la fenêtre de notre salon, au chaud. Nous, on aime après la tempête, quand la ville est recouverte d'un manteau silencieux et immaculé, quand on marche dans la poudreuse là où personne n'est encore passé, quand cela crisse sous les pieds. Quand l'air est léger. Quand on regarde la bal des déneigeuses ... Mais la tempête et la glace cachée sous la neige, on aime pas.
Enfin Félix, lui aime assez déneiger quand la tempête est finie et quand on peut utiliser les différentes pelles de toutes les tailles. Vous en avez-vous des pelles à neige "de même" ? Il y a la grosse pour pouvoir rejeter la neige tout en haut du tas de neige déjà constitué. Il y a celle en largeur pour pousser la neige sur le trottoir mais pas pour la monter en haut du tas. Il y a les étroites pour les accès plus difficiles : autour des pneus des voitures et les escaliers ... Bref tout une technique que les québécois "pure laine" connaissent bien. Et oui, on ne dit pas pur souche parce que les souches on s'en fout un peu plus qu'ailleurs, alors que icitte la laine, c'est un ami pour la vie et on se l'enseigne de génération en génération.
Et puis après l'effort, pour se réchauffer, il y a les colis reçus par la poste avec des noms qui sentent bon le Sud de la France. Regarder la neige tomber sur un plaid Arlabosse est tout de suite moins difficile.
On se prend alors à rêver de voir les premiers signes de printemps comme chez Gracianne, allez faire un tour sur son blog, vous verrez entre autres les premières primevères et les premiers bulbes qui sortent. Mais pour nous, ce n'est pas pour tout de suite, il faut encore être patient.
Enfin Félix, lui aime assez déneiger quand la tempête est finie et quand on peut utiliser les différentes pelles de toutes les tailles. Vous en avez-vous des pelles à neige "de même" ? Il y a la grosse pour pouvoir rejeter la neige tout en haut du tas de neige déjà constitué. Il y a celle en largeur pour pousser la neige sur le trottoir mais pas pour la monter en haut du tas. Il y a les étroites pour les accès plus difficiles : autour des pneus des voitures et les escaliers ... Bref tout une technique que les québécois "pure laine" connaissent bien. Et oui, on ne dit pas pur souche parce que les souches on s'en fout un peu plus qu'ailleurs, alors que icitte la laine, c'est un ami pour la vie et on se l'enseigne de génération en génération.
Et puis après l'effort, pour se réchauffer, il y a les colis reçus par la poste avec des noms qui sentent bon le Sud de la France. Regarder la neige tomber sur un plaid Arlabosse est tout de suite moins difficile.
On se prend alors à rêver de voir les premiers signes de printemps comme chez Gracianne, allez faire un tour sur son blog, vous verrez entre autres les premières primevères et les premiers bulbes qui sortent. Mais pour nous, ce n'est pas pour tout de suite, il faut encore être patient.