samedi 9 février 2008

Des avis contradictoires dans la famille

À votre avis, sur quoi peut porter des débats contradictoires en famille pour des français immigrés à Montréal ? Sur les évolutions très intéressantes de la langue ? Sur la douceur de vivre ici ? Sur la qualité de l'enseignement et de l'université ? Sur le manque de bon chocolat noir, de bon café et de vin à prix raisonnable ? Sur l'intérêt d'une expérience familiale de vivre à l'étranger ? Sur le manque ressenti de la famille et des amis mais qui se compense un peu par l'envie de vivre tout à fond ? Non, pour tout cela nous sommes d'accord, avec des nuances pour chacun d'entre nous, mais globalement d'accord.

Non, la controverse a éclaté sur le temps ... Pas le temps qui passe, nous sommes d'accord aussi que cela passe trop vite ... sur le temps de la météo.

La pluie a été abondante, le froid est arrivé là-dessus, les trottoirs se sont gelés, se transformant en vraie patinoire, la neige est tombée camouflant les énormes plaques de verglas, de glace plutôt. Et là, le sol devient incertain. On a appris à marcher à un an ou à 18 mois pour les plus fainéantes et là, il faut réapprendre. Alors on fait des petits pas, le pied bien à plat. Ne pas attaquer le sol avec le talon. Garder les genous un peu fléchis. Regarder où on marche. Bref, des petits vieux qui se déplacent. Sauf que les petits vieux, les vrais, ils ne se déplacent même plus eux. C'est épouvantable !!! Ajouter à cela, l'épreuve de revenir avec Félix de l'école, en pleine tempête de neige, ou plutôt de petits glaçons qui piquent le visage et qui fondent en tombant dans le cou. Les yeux qui pleurent à cause du vent. Il y a des expériences plus intéressantes que celle là, ou alors une fois mais pas tellement plus. On ne voit pas où on marche ... et la catastrophe est proche. Il est vrai que j'exagère un peu, cela me vient de mon tempérament méditerranéen. Mais quand même, Fany, Elsa et moi sommes déjà tombées et ça fait ben ben mal ...

Et bien sous notre toit, tout le monde n'a pas la même analyse !!!! Incroyable. Eric est resté dehors pour profiter de la tempête ... Il a même avoué avoir volontairement déneigé le garage du voisin pour pouvoir rester plus longtemps. Fany me dit qu'elle a l'impression d'être un trappeur. Que la tempête c'est génial parce qu'on y voit rien, que c'est difficile de marcher ... Que cela glisse sous les pieds. Que la neige qui pique les joues etc, etc... Ils sont bizarres ces deux là.

J'ai quand même des alliés : Félix et Elsa sont de mon côté et trouvent la tempête bien plus intéressante quand on l'observe depuis la fenêtre de notre salon, au chaud. Nous, on aime après la tempête, quand la ville est recouverte d'un manteau silencieux et immaculé, quand on marche dans la poudreuse là où personne n'est encore passé, quand cela crisse sous les pieds. Quand l'air est léger. Quand on regarde la bal des déneigeuses ... Mais la tempête et la glace cachée sous la neige, on aime pas.

Enfin Félix, lui aime assez déneiger quand la tempête est finie et quand on peut utiliser les différentes pelles de toutes les tailles. Vous en avez-vous des pelles à neige "de même" ? Il y a la grosse pour pouvoir rejeter la neige tout en haut du tas de neige déjà constitué. Il y a celle en largeur pour pousser la neige sur le trottoir mais pas pour la monter en haut du tas. Il y a les étroites pour les accès plus difficiles : autour des pneus des voitures et les escaliers ... Bref tout une technique que les québécois "pure laine" connaissent bien. Et oui, on ne dit pas pur souche parce que les souches on s'en fout un peu plus qu'ailleurs, alors que icitte la laine, c'est un ami pour la vie et on se l'enseigne de génération en génération.



Et puis après l'effort, pour se réchauffer, il y a les colis reçus par la poste avec des noms qui sentent bon le Sud de la France. Regarder la neige tomber sur un plaid Arlabosse est tout de suite moins difficile.


On se prend alors à rêver de voir les premiers signes de printemps comme chez Gracianne, allez faire un tour sur son blog, vous verrez entre autres les premières primevères et les premiers bulbes qui sortent. Mais pour nous, ce n'est pas pour tout de suite, il faut encore être patient.

mardi 5 février 2008

Compagnons de fin de semaine

Comme prévu, voici nos compagnons de fin de semaine. Avec la fin de semaine sportive qu'on a eu, il fallait l'équipe et l'équipement adéquat.

D'abord : La team , ou plutôt le gang comme on dit icitte des copains pour aller voir le match de hockey. Nos deux amies sont venues accompagnées d'un groupe d'étudiants brésiliens (anglophones) et de quelques amis glanés sur le campus. Indispensables pour soutenir l'équipe de Mc Gill. Elsa ayant passé la nuit chez une copine la veille est restée se reposer à la maison.


Ensuite le lendemain, on est passé un cran au dessus : Le XLIIe Superbowl. Une date quasiment fériée aux États Unis (normal qu'ils le mettent un dimanche). C'est moins fort ici, mais étant en Amérique du Nord on a quand même accepté de sucomber. Isa était la plus motivée, et ce n'est pas que parce que la coupe s'appelle le trophée Budweiser (LA bière américaine) mais parce que c'est celle qui s'interesse le plus à la culture des États Unis. Je pense que c'est dû au fait qu'elle passe plus du tiers de sa semaine à travailler, échanger, apprendre, lire, écrire, encadrer, blaguer...en anglais. Pour la bière d'ailleurs on s'est équipé d'une version locale : la Boréale.


Enfin, pour savourer le match et nous occuper pendant les TRÈS nombreuses coupures de pub, on a savouré un maximum de spécialités adéquates. L'immersion culturelle passe aussi par là.



Enfin, le match a été super. On est pas sur d'avoir saisi toutes les subtilités, mais on s'est fait assez vite aux règles (c'est une variante du rugby, il y a donc une base commune très appréciable pour arriver à suivre). On nous disait qu'en général une finale de superbowl est souvent décevante (trop d'enjeux, de stress ou parfois de différence de niveau). Mais cette année on a été gaté, de très belles actions, une fin de match alletante, un retournement de situation qui a surpris plus d'un bookmaker. En un mot ce fut un match historique pour le superbowl et très sympa pour nous.

Merci Isa, d'avoir mis toute la famille dans la canapé dimanche soir.

vendredi 1 février 2008

La Sologne traverse l’atlantique : tarte Tatin internationale.

Après la découverte du français international, nous avons découvert la tarte tatin internationale et profité d’un petit bout de Sologne à Montréal.

Jean et Louise sont venus déjeuner un jour. En fait il s’agit du dîner ici, ce qui nous a causé un petit malentendu. Ils ont cru qu’on les invitait à dîner à la française = le souper ici car ils ont vécu 2 ans en France et qu’ils nous parlaient donc français de France. Alors que nous les avions invités à dîner à la québécoise = le déjeuner français car on met un point d’honneur à tenter de parler français du Québec… Bref, on les invitait pour midi et eux pensaient venir le soir. Toujours ces problèmes d’organisation qui nous collent à la peau. La prochaine fois, nous les inviterons à dîner et à souper, comme cela se sera plus clair. Et puis on pourra aussi partager le petit-déjeuner et le lunch, la collation et le brunch. Mais il me semble que cela fait beaucoup de repas non ?

Louise avait apporté une tarte tatin dont elle tient la recette de sa belle-sœur qui tient un restaurant au Mexique. Aucun dessert ne pouvait mieux nous convenir. D'après la tradition, ce dessert serait originaire de Lamotte-Beuvron en Sologne, pays d’origine de la famille paternelle d’Eric. En plus, l’étymologie de Beuvron veut dire "rivière des castors », du mot celtique beber. La Sologne se rapproche donc du Québec en passant par le Mexique.

La tarte était succulente. Les filles ont dit qu’elle n’avaient jamais mangé de tarte Tatin aussi bonne … Ça c’est un critère. Pour la petite histoire, quelle que soit son origine exacte, la création de la tarte Tatin est amusante. À la fin du siècle passé, les bourgeois qui venaient chasser en Sologne ne manquaient pas d’aller manger chez les demoiselles Tatin de Lamotte-Beuvron. Un dimanche d'ouverture de la chasse, alors qu'elles préparaient une tarte aux pommes pour un repas de chasseurs, l'une des sœurs, étourdie, la laissa brûler. Elle décida de rajouter de la pâte dessus et remis la tarte au four. Les chasseurs ont apprécié cette tarte, qui est devenue la tarte Tatin. Une autre légende raconte que c’est pour écouler des pommes tardives, faire caraméliser leur jus et éviter de tremper la pâte que cette tarte est née mais on préfère la première histoire. Pour donner une touche locale, un peu de crème fouettée sur le mi-chaud et huuuuum.

J’ai donc refait cette tarte et j’ai eu pas mal de succès, assez facilement gagné je dois dire, mais cela reste entre nous. Un bon brie de Meaux souple et parfumé acheté à côté du marché Jean Talon, un bout de baguette et la semaine de travail intense est déjà loin derrière nous.



La fin de semaine commence bien. Il faut rester simple. Après ces excursions culinaires chauvines, samedi, nous allons voir un match de hockey, c'est dire à quel point nous avons envie de profiter de tout ici. Nous y allons avec une brésilienne et une hollandaise. Pas sûr qu'elles vont nous expliquer les règles mais c'est l'ambiance dans le stade qui compte, une expérience locale de plus. Le prochain pas vers l'intégration, Liette nous l'a déjà suggéré : ce sera hot-dog et bierre devant le super bowl. Vous venez ? Pas sûrs que nous allons finir la fin de semaine si bien que cela finalement.