La saga des intempéries continue. Mais il faut dire que rien n'est fait à moitié sur ce sacré continent américain. Par exemple l'ouragan
Ike n'a tué personne
icitte, mais ses derniers remous se sont faits sentir
jusqu'au Québec.

L'espoir qui nous reste est qu'Octobre nous réserve ce fameux été des indiens : un retour au soleil et aux températures proches des 30 degrés malgré les froids qui démarrent en septembre. Mais en attendant, est ce qu'on déprime ? Pas vraiment ! J'ai même entendu un sociologue rappeler que parmi les clichés de nationalité (Japonais travailleurs, Allemands rigoureux, Français gastronomes...) les Québécois ont la réputation de toujours chercher le fun, le "gros fun noir" même : voyez le pourcentage d'humouristes québécois qui marchent dans le monde, les Têtes à claques, le festival international juste pour rire de Montréal...
Le courriel viral qui circule cette semaine nous le prouve, je ne sais pas qui a écrit le texte suivant, mais cette version, ce style que je trouve très local, montre assez bien la volonté continue de garder le sourire, de voir les choses plus cool et si possible un peu en dessous de la ceinture (mais pas trop), plus direct en tout cas.
La lettre de la pluie :
Chers Québécois et Québécoises,
Bonjour, c'est moi, la pluie. Je voudrais répliquer à la campagne de dénigrement que vous menez à mon égard. Je sais que vous me détestez depuis toujours, et cet été encore plus que jamais.
Ben savez-vous quoi? Je suis encore plus tannée de vous autres que vous êtes tannés de moi! C'est fort. Ça fait 400 ans que j'endure, aujourd'hui, je déborde! Je ne suis plus capable de vous entendre vous plaindre de moi: «Ah! pas encore de la pluie! Maudite pluie! Y fait pas beau!»
C'est quoi, ça, il ne fait pas beau? C'est tout à fait subjectif. Pourquoi le soleil, c'est du beau temps, et la pluie du mauvais temps? Vous irez en Éthiopie, au 100e jour de sécheresse, voir s'ils trouvent qu'il fait beau. Laissez-moi vous dire que, lorsque j'arrive là-bas, c'est moi, le beau temps.
Pourquoi êtes-vous en adoration devant le soleil? Le soleil vous brûle, vous donne le cancer et vous tue. Vous êtes absurdes. Vous vous déshabillez quand il fait soleil et vous vous habillez quand il pleut! Gros quotients! C'est le contraire qu'il faut faire. Le soleil, c'est du feu. La pluie, c'est de l'eau. Vous habillez-vous pour prendre votre douche? Votre peau aime l'eau. Votre peau haït le feu. Vivez en harmonie avec votre corps. Quand il pleut, au lieu de vous couvrir et de vous réfugier dans la maison, enfilez votre maillot et venez dehors. Pas besoin de crème et d'indice de protection. Vous n'êtes jamais autant en sécurité dehors que lorsqu'il pleut. Bien sûr, un éclair peut venir vous chatouiller un peu. Mais là, pas besoin d'avoir peur, franchement! Avez-vous déjà gagné à Loto-Québec? Non? Ben vous ne serez pas foudroyé non plus.
J'ai un coeur, moi aussi. Comment pensez-vous que je me sens quand j'entends quelqu'un dire: «On a eu un été pourri, il a plu tout le temps»? C'est pas parce qu'il pleut qu'on ne peut pas avoir un été merveilleux. Que fait l'homme quand il fait soleil? Il joue au golf. Que fait l'homme quand il pleut? Il fait l'amour. Vous n'allez pas me dire, messieurs, que vous préférez jouer au golf plutôt que faire l'amour à votre femme? Et vous, mesdames, vous n'allez pas me dire que vous préférez que votre mari joue au golf plutôt qu'il vous fasse l'amour?
Il n'y a rien de plus romantique, de plus sensuel que moi. Quand on tombe amoureux, on dit qu'on a un coup de foudre, pas un coup de soleil. Le coup de soleil, ça vous rend rouge comme un homard, puis vous pelez pendant deux semaines. Le coup de foudre vous rend heureux et léger. Pourtant, vous chantez le soleil: «Soleil! Soleil!» Vos grands poètes écrivent même des odes à la neige: «Ah! que la neige a neigé...» «Mon pays, c'est l'hiver.» Pour moi? Rien. À part une toune de Vilain Pingouin.