Étant donné le climat cette année, nous sommes sûrs d'avoir de la neige à Noël, voire même jusqu'en juin. Pour les fêtes de fin d'année, il faut donc être à la hauteur (environ 1m pour l'instant mais mieux vaut prévoir 2 m).
D'autant, qu'ici, question sapin de Noël, on tombe dans le registre des connaisseurs. A défaut d'être perdue au milieu de la forêt, une cabane au Canada digne de ce nom, se doit de se parer d'un sapin de Noël. On fait un tour du marché local : on a le choix : des touffus, des grands, des odorants. Notre principe c'est jamais de sapin-artificiel-inodorant-que-nous-n'aimons-pas. Oui, on a des principes. Comme on a décidé d'en profiter un maximum, notre décision s'arrête sur un grand sapin, touffu et odorant. Et puis, cela va attirer le père Noël pour sûr. Facile pour lui de repérer cette nouvelle famille avec un si grand sapin.
Donc nous voilà tous très activés autour de ce conifère qui peu à peu se charge de boules rouges et argents mais aussi de cannes pour les gourmands, à savoir toute la maisonnée. Il faut revoir un peu l'arrangement de Félix qui met toutes les boules au même endroit et à sa hauteur, comme chaque année.
Le résultat nous convient et l'odeur de Noël s'est déjà rependue dans la maison.
Et pour compléter la déco, un bonhomme de neige, évidemment. Made in Quebec, à la maternelle.
Bon,
ceci-dit, si on veut que le père Noël passe, il va falloir lui offrir un
GPS ou alors dégager le chemin. Il s'agit de ne pas confondre le trottoir et la route.
Ensuite, pour accéder chez nous, la cheminée est inutilisable, donc va falloir être plus créatif et passer par une des portes.
La porte de devant ??? Mais ce n'est pas gagné. Avec son gros ventre, pas sûr que le père Noël puisse passer, d'autant moins s'il a un sac très gros (ce qu'on espère bien d'ailleurs). Il va falloir élargir la voie d'accès et retrouver les premières marches disparues et donc ... pelleter...

La porte de derrière ??? C'est pas non plus gagné. Il manque les premières marches de l'escalier en colimaçon emprisonnées dans la neige. On ne peut plus pousser la porte vers
l'extérieur pour l'ouvrir. A la première neige, c'était encore possible mais là, dur dur. Même la poubelle est inaccessible.
La neige monte monte monte.
1ère tempête/2ème tempête. Nous avons le regret de vous annoncer la disparition de notre poubelle dans la nuit du 16 au 17 décembre.
Il nous faut une solution. J'ai trouvé, il va falloir ... pelleter. Je vous enlève le mot de la bouche non ? C'est fou comme certains mots ne nous évoquaient qu'un élément de la page du Robert entre Pelletée et Pelleterie, deux mots pas non plus très usités d'ailleurs. Et là, tout d'un coup, cela fait partie de nos conversations quotidiennes. On le
conjugue même : Je
pelleterai demain. Hier j'ai pelleté. Nous pelletons en famille. Si je rentre tôt, je
pelleterai ce soir. Tu
pelleteras-tu tantôt mon chéri? On est imbattable du pelletage donc.

neiger ... pelleter ...
neiger ... pelleter ...
se reposer ...
neiger ... pelleter ...
neiger ... pelleter ...
aux enfants, pelleter, demander
les enfants, pelleter, se lasser
au cheum, pelleter, supplier
le cheum, pelleter, efficacité
Père Noël sauvé
Courbatures assurées
Mais ce n'est pas tout. D'autres mots s'insinuent dans notre conversation quotidienne insidieusement. Tu as vu la poudrerie l'autre jour ? Rien à voir avec un truc explosif ... quoique. Définition du Robert : Français canadien : "Neige chassée par le vent, souvent en
rafales". Et le grésil, avant de venir, on ne pensait pas qu'on le parlerait couramment : le Robert encore "Précipitation de fins granules de glace ou de neige fondue". On attend des
pluies verglaçantes pour ce week-end, mais pas de tempête de glace. Encore de nouveaux mots qui vont venir enrichir nos conversations. Bref que de découvertes en perspectives.
Au delà du pelletage pour sauver la venue du père Noël, il va falloir préparer un repas de Noël. Alors là challenge. C'est la première fois que je fais cela. Cette année, pas de grands-parents pour assurer cette très respectable tradition. Alors, faut se lancer. Nous pourrions tomber dans une grande nostalgie de ne pas être en France, et se laisser aller à préparer ÇA.
Mais non, nous sommes forts et nous allons vaincre la nostalgique et trouver mieux comme repas de Noël. Sinon, on pourrait compter sur Félix qui prépare régulièrement des repas pour des géants ou des ogres, enfin de grands carnivores. Il a quand même ajouté un peu de légumes verts, finalement il reste toujours un petit quelque chose de l'éducation, il y a de l'espoir.
Voila un bon repas fait maison
Va t'il en préparer un pour le père Noël ? Attention, il risque de se vexer si on le compare à un ogre. On va trouver mieux, je suis sûre que c'est possible. Je vais y penser samedi en même temps que les sandwich de dimanche pour aller au ski. Voilà une belle organisation.