dimanche 13 avril 2008

Au travail

Contrairement à ce que pensent certains de nos fidèles lecteurs (j'adore cette expression), nous sommes également venus ici pour travailler, enfin surtout Isa. Et même si on dit que l'on travaille icitte à la mode québécoise, cela reste un travail, c'est à dire quelque chose d'horrible qui nous force à nous lever le matin et nous impose plein de contraintes rarement énoncées dans le contrat. D'ailleurs une des choses qu'ils ont bien compris c'est que le contrat de travail n'est pas systématiquement nécessaire (à ma première job, tout s'est conclu à l'oral et c'est ma fiche de paie qui vaut pour contrat de travail).

Recommençons par le début.

Toute la famille est arrivée dans ce doux pays un beau jour d'été. Ma tendre épouse qui a quand même pris quelques semaines pour profiter des vacances m'avait bien dit qu'elle subviendrait à nos besoins plusieurs mois, le temps que l'installation se fasse.
Isa dans les bureaux de McGill entre un Français et un Iranien/Isa devant un poster présentant un de ses articles
Notez qu'elle travaille en Anglais, sans chaussons

Après une évaluation précise de notre budget je me suis donc programmé de faire l'homme au foyer. Gestion de l'école, suivit des banques, ménage, papiers administratifs, quelques repas et accueil de la famille en visite quand elle est en France et ... adaptation à la vie locale. Cela se résumait donc à prendre des cours d'anglais (au cas où je trouve une job bilingue), aller voir des associations de Français au Québec, faire quelques mondanités au consulat ou avec les parents d'élèves, participer à toutes les conférences et rencontres qui pourraient m'aider à m'intégrer professionnellement. Et bien même avec 3 enfants, j'ai bien eu l'impression de redevenir un étudiant : choisir soi même son emploi du temps, lire ce que l'on veut, changer de programme au dernier moment. Tout cela en se déplaçant en vélo et en allant chercher les enfants tôt. C'était pas mal.

Arrive novembre, les déplacements en bus et le besoin de gagner de l'argent. Mais même là, l'air de vacance permanente continue. La job est à 10 mn à pied (avant la neige), je garde mon mercredi, je finis à 5h au plus tard. Pas mal quand même. Ajoutez que je me suis inscrit au sport et que je découvre les joies du Ipod qui transforme n'importe quel trajet en voyage improbable. Donc aller au travail à pied, en écoutant du reggae (Groundation par exemple), à travers des trottoirs enneigés type Himalaya, à - 12 et avec un soleil de Cote d'Azur... On a beau dire cela fait encore un peu vacances.

Chemin Cote Ste Catherine à l'aller (un jour de peu de soleil)


Rue Van Horne au retour (en allant chercher Félix à pied, un jour où les bus ne veulent plus avancer)

A mon avis, voila pourquoi malgré les semaines qui passent et le boulot qui s'accumule notre blog a un air de vacances permanentes. Le cadre exceptionnel, le coté décalé où tout nous semble encore frais et nouveau, les nombreuses richesses encore à découvrir font de notre séjour ici une sacrée aventure. Et puis on ne sait pas jouer la routine ni l'un ni l'autre. Isa a ajouté la recherche sur les nouvelles technologies (en anglais uniquement) à son arc universitaire et moi je viens d'accepter un nouveau travail sur l'évaluation de la qualité des maisons de retraites au Québec. Encore du nouveau, les mercredis sont finis, mais en échange je vais avoir des réunions à travers toute la province.

Pas de routine on vous dit.


Mes anciens collègues devant mon poste de travail. Une Péruvienne, une Roumaine et 3 Québécois pure laine. Nous on travaille en Français, sans chaussons non plus

3 commentaires:

Gracianne a dit…

Felicitations pour la nouvelle job. J'aime bien votre facon de voir les choses, vous lire le matin me donne toujours la peche :)

Erico a dit…

Merci Gracianne. Et on peut dire que tu nous as bien donné le virus. Mais on est loin d'avoir autant de lecteur ni même ta cadence de post. En tout cas on te lis avec toujours autant de plaisir, ici ou sur ton blog, de France ou du Québec, en tong ou en chaussons...;))

papierre a dit…

Et bien moi, je suis fier de mon fils, et de sa tendre épouse, et de son fils, et de ses filles, ... pour cette aventure dépaysante, pour la manière de la vivre, et pour nous la faire partager avec autant de bonheur.
:-)))
Ce qui ne m'empêche pas d'être fier aussi du reste de la famille, c'est à dire de ceux qui n'ont pas eu la chance ou l'opportunité de cette aventure là.
Bises